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SOMMAIRE
INTRODUCTION
I- DIVERSITÉ DES CROYANCES
I.1. Les religions historiques
I.1.1. Judaïsme
I.1.2. Christianisme
I.1.3. Islam
I.2. Les religions orientales.
I.2.1. Le Bouddhisme.
II.2.2. L´Hindouisme.
I.3. Les religions traditionnelles africaines
II. LES CONFLITS DES VALEURS
II.1. Les valeurs religieuses
II. 2. Causes des conflits
1. Le monothéisme
2. Le fondamentalisme et l’intégrisme
3. La mondialisation
II. 3. Les conséquences des conflits
III. LES SOLUTIONS
III.1. Dialogue foi et raison.
III.2. Dialogue interreligieux et œcuménique.
III.3. L’Etat : régulateur des conflits des valeurs.
CONCLUSION
....................
INTRODUCTION
L’homme était et il est toujours à la recherche de la transcendance. Il est à cette quête naturelle de l’invisible parce qu’il veut étancher sa soif de la découverte de soi et surtout parce qu’il veut surmonter sa finitude. C’est pourquoi il adhère à telle ou telle croyance religieuse pour combler son abîme de finitude et, cela lui revient de par sa liberté et sa volonté. La première question que nous nous posons est de savoir si toutes les religions aspirent aux mêmes valeurs ou si elles enseignent les mêmes valeurs. Même si l’on dit que l’abondance ne nuit pas, ne pouvons-nous pas affirmer que la pluralité des croyances religieuses est en quelque sorte à la base de différentes perversions notamment l’extrémisme, le fondamentalisme et l’intégrisme religieux ? Un simple regard suffit pour remarquer ce qui se passe dans différents pays sous prétexte d’agir au nom de la foi : les guerres entre les religions, les attentats au nom de Dieu, les persécutions d’un tel ou tel groupe des croyants, les lois oppressives pour certains à cause de leur foi etc. Chacun se croit être dans la totalité de la vérité et l’autre devient un ennemi et un danger à combattre. Nous pouvons parler de l’autonomisation de la foi en défaveur de la raison et au même moment, nous pouvons alors donner raison à Karl Marx dans sa maxime stipulant que « la religion est l’opium du peuple ». Autrement dit, la croyance devient un mortifère à retardement. Au lieu d’unir le peuple, elle le divise incessamment et petit à petit. Faut-il alors recourir au Léviathan de Hobbes pour engloutir toutes les différentes croyances et ainsi les unir en lui en vue d’arrêter ces conflits ?
En effet, le pluralisme des croyances devrait être une richesse pour l’homme. Mais, l’actualité nous montre qu’il est à la base des conflits. Les croyances deviennent de plus en plus source de dégénérescence des conflits des valeurs et ainsi conduisent aux conflits interpersonnels au nom de la foi. Pour ce faire, nous voudrions, dans ce travail, parler de conflits des valeurs par rapport à la diversité des croyances. Voici les questions qui se posent : qu’est ce qui serait à la base des diversités des croyances qui ne font que se multiplier en nos jours ? Pourquoi leurs enseignements provoquent-ils les conflits des valeurs ? Comment alors tous les hommes peuvent-ils parvenir à une vie d’ensemble dans ce monde de contradiction de l’être et du croire ? Pour répondre à ces questions, nous nous proposons trois parties à traiter. D’abord, nous parlerons de la diversité des croyances ; ensuite, nous discuterons les conflits des valeurs et enfin il sera question du vivre ensemble pacifique dans cette diversité des croyances et des conflits des valeurs.
I. DIVERSITÉ DES CROYANCES
Les questions liées à la diversité des religions et des croyances ont une importance croissante de nos jours. En effet, non seulement la diversité religieuse est une caractéristique de nos sociétés de plus en plus évidente, créant ainsi l’opportunité d’une meilleure compréhension interculturelle, mais aussi cet aspect positif de nos sociétés modernes est à la source de nombreux conflits interculturels contemporains. Nous distinguons plusieurs groupes des croyances ou religions : les religions historiques, les religions orientales et les religions traditionnelles. Pour cette dernière nous nous intéressons aux religions traditionnelles africaines.
I.1. Les religions historiques
Les religions dites historiques se basent sur la révélation d’un Dieu unique. Ce sont des religions monothéistes. Il s’agit notamment du Judaïsme, du Christianisme et de l’Islam.
I.1.1. Judaïsme
Le judaïsme est une religion des juifs. « L’un des thèmes centraux de cette religion est celui de l’alliance entre Dieu et le peuple juif qui devint dès lors le peuple élu ». L’histoire de ce peuple élu s’est écrite grâce à des hommes, rois ou prophètes (Noë, Abraham et Moïse) surtout à travers son constant dialogue avec son Dieu. Dans la Bible, Moïse est présenté comme le premier et le plus grand prophète du peuple juif, lui que « l’Eternel a connu face à face ». Les autres prophètes sont des hommes choisis par Dieu pour transmettre la révélation de son message (Isaïe, Jérémie, Nathan, Elie et Elisée). Le judaïsme professe sa foi en un Dieu unique, Créateur du Ciel et de la terre, proche de l'homme, Dieu de l'Alliance « qui a sauvé son peuple en le faisant sortir d'Egypte ». Le sentiment de la responsabilité pour les juifs est de faire connaître aux nations cet amour que le Dieu Saint, le Tout-Autre, porte à toutes ses créatures à travers les enseignements de la Torah.
I.1.2. Christianisme
Le Christianisme est l'ensemble des confessions fondées sur la personne et l’enseignement évangélique de Jésus-Christ. Le christianisme regroupe les traditions catholiques, protestantes et orthodoxes. La foi trinitaire en assure les fondements. Le christianisme a émergé du judaïsme au Ier siècle de notre ère. Il a gardé du judaïsme ses Écritures (l’Ancien Testament ou Première Alliance) et certaines de ses doctrines fondamentales telles que : le monothéisme. Pour le christianisme, il n'y pas seulement des valeurs impersonnelles et des impératifs de conscience. Le chrétien est aussi appelé à vivre la plus grande valeur sur laquelle toutes les autres sont subordonnées, « l'amour ». Le Christ en est le modèle, il est l´Amour personnifié.
I.1.3. Islam
«Islam généralement traduit par "Soumission", sous-entendu à Dieu, provient de la racine S.L.M qui porte le sens de Salut ou de Paix». C'est une religion fondée par Mahomet (début du VIIe siècle) qui se veut à la fois religion, mode et système de gouvernement et règle de la vie quotidienne. Son fondement est le Coran, livre saint et parole de Dieu révélée à Mahomet, et la Sunna, enseignement et vie du prophète, qui contiennent des éléments de la tradition judéo-chrétienne. Le croyant (musulman) doit se référer au Coran, adhérer sincèrement à l'Islam, avoir une confiance absolue en Dieu, s'abandonner intégralement à lui et rechercher inlassablement la perfection de son comportement. La loi canonique de l'islam est contenue dans la charia. Le contenu de leur foi se résume en quelques points : «Dieu est unique ; Dieu est tout-puissant, miséricordieux et retributeur; se soumettre à Dieu est le véritable Islam; Dieu parle par ses prophètes (Moïse, Jésus et Mahomet) Dieu parle aussi par les signes de l'univers».
I.2. Les religions orientales
On appelle religions orientales, les religions qui se sont développées dans les pays d’Orient et d’Extrême-Orient. Les religions orientales les plus importantes sont le bouddhisme, l’hindouisme, le shintoïsme, le confucianisme et le taoïsme. Cependant, il en existe d’autres. Seulement, notre étude se limitera au Bouddhisme et à l´Hindouisme.
I.2.1. Le Bouddhisme
Le bouddhisme est l'un des grands systèmes de pensée et d'action orientaux. Né en Inde au VIe siècle av. J.C., il s'est assez rapidement propagé dans l'ensemble de l'Asie: - vers le Japon en passant par le Tibet et la Chine; - vers l'Indonésie en passant par la péninsule indochinoise; et aussi - vers l'ouest, où il fut freiné par le Christianisme, et plus tard par l'Islam. À l'origine, le bouddhisme n'est pas une philosophie, mais une « leçon de choses », l'enseignement de la réalité, un exposé des faits, de la souffrance, de son origine et de sa cessation pour finalement atteindre le nirvāna. Il donnera naissance par la suite à une riche tradition philosophique et religieuse. Il est quelquefois décrit comme une « science de l'esprit » inspirée par les enseignements du Bouddha, « l'Éveillé », un homme dont l’existence historique est attestée, même si les détails de sa vie restent, pour beaucoup d’entre eux, invérifiables, et souvent de portée mythologique.
II.2.2. L´Hindouisme
L'hindouisme est la plus vieille des principales religions du monde. Son origine remonte à la civilisation de l'Indus qui naquit vers 2500 av. J.-C. L'originalité de l'hindouisme est de n'avoir ni prophètes ni dogmes centraux ; sa pratique étant issue d'une tradition orale très ancienne. En conséquence, l'hérésie n'existe pas. Cependant, les penseurs admettent que les Veda sont la source de croyances hindoues. L’Hindouisme se présente comme une religion dynamique, un ensemble de concepts philosophiques issus d'une tradition remontant à la protohistoire indienne, dotée d'une capacité à assimiler les croyances, et les philosophies, sans les opposer. L'hindouisme a beaucoup évolué au cours du temps. L'hindouisme ancien dépassait le simple cadre religieux. Au-delà du syncrétisme théologique, l'hindouisme était un vecteur pour toutes les sciences : le droit, la politique, l'architecture, l'astrologie, la philosophie, la médecine, etc.
I.3. Les religions traditionnelles africaines
La religion traditionnelle africaine "survit" partout en Afrique, surtout par des syncrétismes avec l'islam et le christianisme. En effet, si une grande partie des africains est aujourd'hui musulmane ou chrétienne, son islam ou son christianisme reste très influencé par la religion d'origine. La propagande de l'islam et du christianisme fait gagner du terrain face à la religion africaine. Ainsi, la religion africaine perd du terrain chaque jour, car ses véritables tenants sont souvent âgés, et peu sont ceux qui, parmi la jeunesse africaine, acceptent de continuer la tradition spirituelle, ou bien de s'y faire initier. Ces religions « se référant aux ancêtres et à une forme de médiation entre les hommes et l’Immanence, sont le terreau culturel et spirituel d’où viennent la plupart des chrétiens convertis, et avec lequel ils gardent un contact quotidien »
La multiplicité de ces croyances engendre le plus souvent des conflits au sein de la société à cause des différentes valeurs véhiculées.
II. LES CONFLITS DES VALEURS
Toutes les religions sont reconnues à travers le monde par les valeurs qu’elles véhiculent dans la société. Chacune d’elles a ses valeurs qu’elle cherche à prévaloir au-dessus de celles des autres. Aujourd’hui, beaucoup de conflits socio-religieux et de nombreuses conséquences graves ne cessent de se multiplier du jour au jour. Cette situation concerne surtout les grandes religions qui, d’ailleurs, nous serviront d’échantillons dans cette partie. Il s’agit de la religion chrétienne, la religion musulmane et la religion juive ou le judaïsme.
II.1. Les valeurs religieuses
Comme nous venons de le souligner, les valeurs religieuses dépendent d’une religion à une autre. Une religion met plus d’accents sur telles valeurs que sur telles autres comme nous le présenterons dans ce qui suit.
Pour le christianisme, les valeurs sont concentrées dans le Credo ou profession de la foi. Dans la vie en société, l’accent est mis sur la dignité de la personne humaine, l’homme créature de Dieu, sur l’égalité des conditions. Parce qu’il est une créature de Dieu, tout homme est égal à un autre. Puis, il y a « l’amour ». « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». D’autres branches du christianisme refusent certaines valeurs comme par exemple le célibat des prêtres en occident, l’enseignement du Magistère pour les protestants car, pour eux, seules les Ecritures suffisent etc. L’Islam, qui connaît aussi l’amour, la confiance et l’hospitalité, met plutôt l’accent sur l’obéissance à un certain nombre de principes : les cinq piliers de l’islam, l’attestation du Dieu Unique et du prophète, les prières quotidiennes, l’aumône, le ramadan, le pèlerinage à la Mecque. Dans le Judaïsme plusieurs valeurs religieuses sont à souligner : les lois alimentaires ou cacherout, la circoncision, les lois de la pureté familiale, le culte de Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, la Tanak ou Bible hébraïque ainsi que leur élection comme peuple de Dieu.
II. 2. Causes des conflits
1. Le monothéisme
En exprimant son inquiétude sur la société contemporaine, le pape Benoît XVI dit que « Dans l'Histoire, le monothéisme a servi de prétexte à l'intolérance et à la violence et "une religion peut devenir malade quand l'homme pense devoir prendre lui-même en main la cause de Dieu, faisant ainsi de Dieu sa propriété privée". "Il n'est pourtant pas vrai que le « non » à Dieu rétablirait la paix. Si la lumière de Dieu s'éteint, la dignité divine de l'homme s'éteint ». Pourtant, le monothéisme chrétien, monothéisme « trinitaire », selon le pape, n’est pas source de violence comme on le voit aujourd’hui, mais une force de paix personnelle et universelle.
1. Le fondamentalisme et l’intégrisme
Quand on évoque le fondamentalisme, c'est généralement à la religion islamique ou au christianisme protestant que l'on se réfère. Parler de fondamentalisme à propos du catholicisme, c'est évoquer une dimension nouvelle du conservatisme dans la sphère catholique. Pierre Lathuilière estime que le fondamentalisme doit être nettement distingué de cette forme typique du conservatisme catholique qu'est l'intégrisme. Ce qui est au cœur de l'expérience fondamentaliste, c'est une conviction de conversion intime et individuelle, alors que l'intégrisme s'appuie sur une notion de tradition sociale et globalisante. L’intégrisme dans la doctrine catholique désigne ce refus des reformes promulguées par l’Eglise surtout avec Vatican II (liturgie, rôle des laïcs, dialogue interreligieux et œcuménique, etc.), source de beaucoup des conflits et des divisions.
Pour le protestantisme, le fondamentalisme se fait voir surtout dans la lecture fondamentaliste de la Bible avec ses conséquences dans la vie. Son exclusivisme éloigne de toute démarche œcuménique. Le fondamentalisme musulman quant à lui, est intéressé par la question de la morale et de l’éthique islamique. Il est antidémocratique, s’oppose à la laïcité et l’acceptation occidentale des droits de l’homme. Ce qui vient en premier c’est l’intégralité du message religieux qui repose sur la vision théocratique. Aujourd’hui, la religion musulmane tombe dans l’hégémonisme à outrance en voulant islamiser beaucoup de pays et prendre la direction de l’Etat. Chez les Juifs, le fondamentalisme est fondé sur leur Identité religieuse, comme peuple Saint, peuple choisi. Cela fait que ce peuple vit seul, à l’écart, en situation de ségrégation. Ils rejettent toute forme de rapport entretenu avec le monde extérieur ; ils vivent ensemble, travaillent ensemble, voyagent ensemble et ont leur propre magasin. Ils ont une vision exclusive de la vérité, car, à eux et à eux seuls, Dieu communique et se communique. Ils rejettent aussi l’idée de la politique visant des buts communs à diverses personnes.
3. La mondialisation
En plein processus de la mondialisation, la modernité se taille la place de choix comme idéal qui veut éclairer, ou idéal de l’autonomie, de l’émancipation de l’homme non seulement dans la société mais aussi dans la religion, l’homme veut être libre. Si les premières communautés des croyants vivaient ensembles, c’est parce qu’elles obéissaient aux lois communes et personnes ne pouvaient s’insurger contre une loi admise au sein de la communauté. Malheureusement aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Car au nom de l’autonomie que prône la mondialisation, l’homme religieux s’égare et remet en cause la doctrine de sa foi pour élaborer la sienne qui répond à ses convictions personnelles et parfois à ses intérêts personnels. Ainsi, nombreux mouvements religieux naissent chaque jour et créent des chocs, des divisions, des conflits belliqueux et surtout des confusions dans les cœurs de beaucoup de croyants. L’on pourrait alors se demander si c’est l’unique Dieu que tout le monde annonce.
II. 3. Les conséquences des conflits
En Afrique comme partout ailleurs au monde, nous suivons à travers les medias le choc des valeurs religieuses qui fait autant de dégâts matériels et les pertes en vies humaines. Nombreuses personnes affrontent une discrimination fondée sur leur religion ou leur conviction. Cette discrimination peut, entre autres effets, limiter leur accès à l’enseignement public, aux services de santé ou à la fonction publique. Dans les cas extrêmes, de nombreuses communautés religieuses peuvent être appréhendées ou tuées en raison de leur affiliation ou de leurs convictions religieuses. Le cas le plus frappant, tel que Raphaël Delpard nous le présente, c’est le christianisme en Orient :
« Qu’ils soient catholiques, protestants, coptes ou de tout autre communauté, les chrétiens sont pourchassés, privés de travail, emprisonnés, torturés, assassinés. Tous les moyens sont utilisés pour les contraindre à renier leur foi, y compris le viol rituel collectif, considéré dans certains Etats comme une sanction pénale. Posséder une Bible est devenu un crime, la célébration des cultes est interdite, on est revenu au temps des messes dans les caves et des premiers martyrs »[16].
Ainsi nous constatons que certaines valeurs religieuses prônées par les religions sont causes des conflits et ne passent pas sans laisser des conséquences graves au sein de la société. Comment remédier à ces conflits ?
III. POUR UN VIVRE ENSEMBLE PACIFIQUE
Face aux nombreuses difficultés causées par la diversité des croyances au sein de la société, il sied de proposer quelques aspects pour une meilleure vie pacifique entre les hommes. En premier ressort, nous pensons à l’articulation entre foi et raison, deuxièmement au dialogue interreligieux et œcuménique et troisièmement, au rôle que l’Etat doit jouer dans la régulation des conflits des valeurs.
III.1. Dialogue foi et raison
Il n’est plus aujourd’hui à démontrer l’importance de l’articulation entre foi et raison au sein des pratiques religieuses. En effet, la foi et la raison comme le soulignait le Pape Jean Paul II dans sa lettre encyclique Fides et Ratio sont comme deux ailes qui nous permettent de parvenir à la vérité tout entière. Le dialogue entre foi et raison sont des gages qui permettent aux croyants d’éviter de sombrer dans le fondamentalisme, l’intégrisme, le xénophobisme, l’extrémisme, le fidéisme, l’exclusivisme ou encore le rejet de l’autre parce que ne partageant pas les mêmes valeurs religieuses que nous. Il faut donc théologiser la raison et raisonner la foi. Il faut que la Révélation ait son mot à dire dans les vérités de la raison et que la raison ait son mot à dire dans les vérités de foi. L’œcuménisme et le dialogue interreligieux ne peuvent être possibles si la foi et la raison sont opposées ou éloignées. Autrement dit, l’effort de se comprendre et se rapprocher des autres confessions chrétiennes et des autres religions oblige de redécouvrir le rapport foi et raison.
III.2. Dialogue interreligieux et œcuménique
Si la religion est pour le bien de l’homme et un véhicule des valeurs authentiques, pourquoi le monde court-il de plus en plus vers ce ravin d’immoralité ? Pourquoi les différends d’ordre doctrinal et moral entre religions persistent-ils? Ne fallait-il pas un champ d’entente entre différentes religions, soit un dialogue interreligieux ?
Sans aller dans l’historique, le dialogue interreligieux est plus qu’une nécessité dans ce monde où les hommes sont appelés à vivre plus que jamais dans une seule communauté. Il se définit sans se confondre soit avec l’étude des diverses religions, soit avec le prosélytisme, ou encore à l’œcuménisme. Pour le Cardinal Arinze, le dialogue interreligieux est «la rencontre de diverses religions, dans un climat de liberté et d’ouverture, afin d’écouter l’autre, de tenter de comprendre la religion de la personne qui est en face, dans l’espoir de trouver des possibilités de collaboration avec elle.» Il concerne non seulement des religions chrétiennes, ce qui serait l’œcuménisme, mais aussi les autres croyances religieuses à l’instar du judaïsme, l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme, les religions traditionnelles etc. Le dialogue interreligieux urge surtout dans ce temps où différents pays connaissent des guerres et des conflits interreligieux, où l’ordre moral et social est basculé. En fait, les religions qui façonnent différemment la vie du monde sont appelées à une assise dialogique pour débattre de tout cela, pour dépasser les limites. A en croire Joseph de Finance : « tout dialogue est un effort pour remédier à la séparation des sujets, pour restituer, au plan de leur multiplicité même, une image de l’unité originelle. » Ainsi, chercher un terrain sûr d’entente mutuelle pour le bien vivre de la société, l’assurance de l’harmonie entre les croyants, le travail d’ensemble, la promotion des valeurs morales et éthiques, le développement de la justice et de la paix, de droit de la personne humaine et de l’égalité revient à l’ensemble de toutes les religions, maitresses de notre monde. Si tous les croyants entrent dans les idéaux les plus élevés de leur religions, on peut intercaler ensemble différents problèmes que connaît notre humanité tels que les guerres interreligieuses, les antivaleurs, oppressions et exploitation des pauvres, tribalisme, discrimination religieuse et érosion des valeurs familiales fortes, l’intolérance et l’extrémisme religieux et ainsi établir l’unité de la nature humaine. Le dialogue doit donc construire, orienter et surtout promouvoir les vraies et authentiques valeurs religieuses, morales, sociales, éthiques, intellectuelles, écologiques etc. en construisant une fraternité excluant toute discrimination. D’où le rôle primordial de l’Etat.
III.3. L’Etat : régulateur des conflits des valeurs
En présence des conflits liés aux diversités des croyances, l’Etat a un rôle prépondérant dans la régulation des conflits. L’Etat est en effet le garant de l’intégrité nationale et il doit être un facteur d’unité entre les citoyens vivant dans son territoire. C’est pourquoi il doit promouvoir les valeurs telles que la justice sociale, la paix, la liberté, la tolérance et la réconciliation entre les hommes. Il doit mettre aussi sur pied des lois justes qui favorisent le respect de la dignité de tout homme sans aucune discrimination religieuse. Pour ce faire, le concile Vatican II fait la promotion de l’Etat laïc. Celui-ci doit être au service de la société. Jean-Georges Boeglin dit à propos :
« l’Etat laïc, dans l’enseignement de Vatican II, a le devoir de garantir le respect des convictions de tous les citoyens, de garantir la pleine liberté religieuse et de procurer, sur le plan civil, toutes les conditions qui favorisent le développement de la vie religieuse dans le respect de toutes les convictions religieuses et philosophiques des citoyens. L’Etat n’est jamais amené à se prononcer sur les doctrines des religions de ses citoyens, mais il doit garantir à chaque confession la liberté religieuse. »
L’Etat et son rôle apparaissent alors sous un autre jour : il a la mission irréductible de veiller à la cohésion sociale de manière neutre, bienveillante, paritaire et compétente par sa fonction législative.
CONCLUSION
Dans ce travail, il était question de traiter le problème de la diversité des croyances et le phénomène des conflits des valeurs qui en découle. Nous avons voulu savoir pourquoi le phénomène du pluralisme des croyances s’accompagne toujours par des conflits des valeurs. Car, en effet, le monde qui, plus que jamais, connaît le fait d’apparition grandissante des nouveaux mouvements religieux, signe de nouvelles formes de croyances, ne cesse pourtant pas de sombrer dans les conflits incessants entre croyants. Nous avons compris que cela est une face externe révélant la forme interne de l’enseignement des différentes croyances religieuses car chacune d’elles a sa propre compréhension de la chose divine.
Ainsi, dans le premier moment, nous avons cherché à comprendre ce phénomène de la diversité des croyances à la lumière des grandes religions dites historiques, c'est-à-dire, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Nous avons essayé de donner une idée générale sur chacune d’elles. Après une étude menée sur ces religions, nous sommes arrivés au deuxième moment où nous nous sommes efforcés de déterminer les causes des conflits de valeurs. Les plus marquantes ont été pour nous le monothéisme, le fondamentalisme, intégrisme et la mondialisation. Nous avons remarqué que les conséquences de ces conflits sont notables dans différents pays. Nous nous sommes demandés : en face de cette drame, qu’est-ce que l’homme doit-il faire pour éradiquer ces conséquences? Cette question a été répondue au troisième moment où nous avons démontré un chemin à entreprendre pour arriver à un vivre ensemble paisible et pacifique. Il s’agit ici du dialogue entre foi et raison, qui, combinées, sont les deux ailes pour parvenir à la vérité, du dialogue interreligieux et en cas majeur, l’Etat comme dernière instance à régler les conflits. Et d’ailleurs, si « le feu brûle fort quand chacun y met son bois », pourquoi différentes croyances ne peuvent-elles pas se mettre ensemble pour promouvoir en unanimité les valeurs authentiques et ainsi éviter les conflits à tous les niveaux?
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